Posté par Jean-Mi
le
"mais jamais on ne comptera parmi les neuf cent vingt espèces en voie de disparition
la cerf qui broute dans mon âme sauvage "
Ainsi s'achève le premier poème du livre de Gabriel Vartore-Neomivakine un pourboire de bruissements, ensemble de textes où, dès 1975, on résiste déjà à la barbarie moderne par la beauté et la hauteur. La troisième partie de l'ouvrage ironiquement titrée "poésie-fiction" débute, lui, par
"interviewé sur la tristesse des roses
Omar Khayyam dit qu'à Ispahan
les perles de goudron remplacent la rosée"
Depuis la publication de cet ouvrage, tout est pire. Vartore savait qu'il en serait ainsi. Le dernier espoir se confond avec le jardin seigneurial :
"fiers de supporter " en hommes" une existence à faire mourir un chien vendant leur vie à la criée
chair à usines par dix générations d'espoir offerte au billot de la Production
autogérant l'ennui en luttant dans les HLM pour que soit gratuit le loyer de leur prison s'ils me réquisitionnent
pour célébrer demain la justice dans leur cimetière de béton les nouveaux Vercors me cacheront
mon Assurance-Vie c'est le travail qui chante la Médaille du Repos avant l'infarctus la nuit sans tranquillisants
mon Centre Culturel c'est la vallée éclose où les arbres me psychanalysent
dans les maquis parfumés de l'aube les intoxiqués de rosée ne mourront pas du cholestérol
j'ai voté pour le Bouvier et sa cour d'étoiles qui laissent au Nombre d'Or les rênes du monde
mon jardin sans frontières me verse un salaire de fruits un excédent de douceur et certains soirs (à titre gracieux)
un pourboire de bruissements"
Je ne sais rien de la biographie de Gabriel Vartore-Neoumivakine, sauf son année de naissance : 1939. Je ne l'ai jamais vu à la librairie Le Pont de l'Epée. Je sais aussi que Guy Chambelland le tenait en haute estime. Je propose ici la préface de ce dernier à "Blasons du corps de l'âme" (Le Pont de l'Epée, 1979).
la cerf qui broute dans mon âme sauvage "
Ainsi s'achève le premier poème du livre de Gabriel Vartore-Neomivakine un pourboire de bruissements, ensemble de textes où, dès 1975, on résiste déjà à la barbarie moderne par la beauté et la hauteur. La troisième partie de l'ouvrage ironiquement titrée "poésie-fiction" débute, lui, par
"interviewé sur la tristesse des roses
Omar Khayyam dit qu'à Ispahan
les perles de goudron remplacent la rosée"
Depuis la publication de cet ouvrage, tout est pire. Vartore savait qu'il en serait ainsi. Le dernier espoir se confond avec le jardin seigneurial :
"fiers de supporter " en hommes" une existence à faire mourir un chien vendant leur vie à la criée
chair à usines par dix générations d'espoir offerte au billot de la Production
autogérant l'ennui en luttant dans les HLM pour que soit gratuit le loyer de leur prison s'ils me réquisitionnent
pour célébrer demain la justice dans leur cimetière de béton les nouveaux Vercors me cacheront
mon Assurance-Vie c'est le travail qui chante la Médaille du Repos avant l'infarctus la nuit sans tranquillisants
mon Centre Culturel c'est la vallée éclose où les arbres me psychanalysent
dans les maquis parfumés de l'aube les intoxiqués de rosée ne mourront pas du cholestérol
j'ai voté pour le Bouvier et sa cour d'étoiles qui laissent au Nombre d'Or les rênes du monde
mon jardin sans frontières me verse un salaire de fruits un excédent de douceur et certains soirs (à titre gracieux)
un pourboire de bruissements"
Je ne sais rien de la biographie de Gabriel Vartore-Neoumivakine, sauf son année de naissance : 1939. Je ne l'ai jamais vu à la librairie Le Pont de l'Epée. Je sais aussi que Guy Chambelland le tenait en haute estime. Je propose ici la préface de ce dernier à "Blasons du corps de l'âme" (Le Pont de l'Epée, 1979).

